DANA Perspectives

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Un bilan de compétences interrompu

Nous avons été sollicités pour effectuer un bilan de compétences auprès d'un cadre dirigeant senior (plus de 45 ans) d'une PME.
Réalisé dans le cadre d'un DIF (droit individuel à la formation) et accepté par l'entreprise, le bilan a financé (et donc accepté également) par l'OPCA généraliste des PME.
Pour autant, alors qu'il restait deux rendez-vous à honorer pour conclure le bilan, l'entreprise a brutalement licencié le cadre dirigeant en question, pour faute grave, permettant ainsi l'arrêt immédiat du bilan.

Cette PME rachetée voici une quinzaine d'années est devenue florissante. La direction en a récemment été confiée à un des fils du repreneur initial. Ce dernier a apparemment décidé d'éradiquer tous les membres de l'ancienne direction et ce, de façon plutôt "musclée" et irrespectueuse, misant sur la lassitude qu'éprouveraient les personnes licenciées, au vu du temps nécessaire au déroulement d'une procédure prud'homale et du parcours du combattant qu'elle représenterait.
Il est donc probable qu'il ait agit ainsi pour négocier, à son avantage, le départ dudit cadre, seul rescapé de l'ancienne équipe dirigeante.

Nous ne pouvons nous empêcher de nous interroger sur l'équilibre psychologique d'un tel dirigeant et sur les limites de la toute puissance que lui permet son statut et dans laquelle il semble s'être installé :
- Pourquoi ce besoin d'effacer à ce point les traces du précédent dirigeant qui n'est autre que son père ?
- Pourquoi avoir le besoin irrépressible de montrer qui est le plus fort, le plus intelligent, le maître à bord ?
- S'il était vraiment à l'aise dans ses fonctions, aurait-il besoin de faire montre de sa "puissance" ?
- S'il n'avait aucun compte à régler, aurait-il besoin d'avoir des comportements aussi dévastateurs et dévalorisants ?

- Ne pouvait-il pas résoudre ces (ses) "problèmes" autrement qu'en maltraitant des collaborateurs dont certains avaient plus de quinze ans de présence dans l'entreprise et avaient largement contribué au développement de l'entreprise qui lui a été servie sur un plateau ?
- Comment qualifier de tels agissements et comportements ?
- Pourquoi les tolérer sous couvert que "c'est ça le business" ?


D'aucuns, au vu des agissements de certaines banques, industries, gouvernements et autres traders, qualifiaient récemment notre société occidentale de "psychopathique".

Détruire pour parvenir rapidement et coûte que coûte à ses fins, et ce, à son seul bénéfice, fût-il de s'installer "confortablement" (en apparence) dans un siège directorial ne relève-t-il pas effectivement d'un comportement que l'on pourrait qualifier de psychopathique ?